Un établissement de soin dédié aux adolescents

Située au 97, bd de Port-Royal, la Maison de Solenn dépend du Groupe hospitalier Cochin-Port-Royal. Appartenant au réseau des maisons des adolescents (MDA), elle a été fondée en 2004 en partenariat avec La Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France qui a financé la construction du bâtiment, et l’association Les Amis de la Maison de Solenn. La famille de Patrick Poivre d’Arvor a participé au projet de réalisation en souvenir de leur fille Solenn. 

De nombreux partenaires contribuent au soutien financier des ateliers thérapeutiques proposés aux adolescents dans différents domaines artistiques comme l’art thérapie, le salon d’esthétique, le labo radio, la salle de sport, l’initiation au théâtre, à la musique, à la danse et autres activités. Les adolescents peuvent les découvrir et y acquérir de nouvelles aptitudes.

Une convention signée avec l’Éducation nationale et l’École à l’Hôpital permet la poursuite de l’enseignement aux jeunes hospitalisés pour que la maladie ne soit pas une entrave à leur développement intellectuel. 

Dirigée par le professeur Marie-Rose Moro depuis 2008, la Maison de Solenn a également une fonction d’enseignement universitaire avec la faculté Paris-Descartes. Des formations aux étudiants en santé, venant de différentes régions de France, y sont dispensées mais aussi des séminaires grand public sur la prise en charge de pathologies très ciblées. 

Elle est installée sur trois étages d’un bel établissement baigné de lumière grâce aux façades de verre transparentes. Son espace accueil-santé se situe dans un hall au mobilier très design créé spécialement pour la structure. Outre les questions de santé des adolescents, c’est aussi un lieu d’informations sur leurs droits, sur les possibilités qui s’offrent à eux en termes de services offerts. Des œuvres  réalisées par les jeunes en atelier artistique y sont exposées. C’est dans ce lieu très chaleureux que le Dr Laelia Benoit reçoit La Page.

Un lieu aux multiples objectifs

La maison de Solenn est orientée vers trois pôles :

C’est d’abord un lieu d’accueil, d’écoute, de prévention, d’information et d’orientation pour les adolescents à partir de 11 ans jusqu’à 18 ans et leur famille.

 L’accueil se fait pour tout jeune qui arrive soit accompagné par ses parents, signalé par l’école ou seul, s’il en ressent le besoin et qu’un de ses copains y a été soigné et lui en a parlé. Dès l’arrivée il est reçu par une infirmière d’accueil formée spécifiquement qui réalise selon son diagnostic, soit une éducation de prévention, soit, si le problème le requiert fait appel à un des médecins. La consultation peut déboucher sur une hospitalisation ou l’orientation vers une structure adaptée. 

Une équipe importante multidisciplinaire et pluri professionnelle est au service de la complexité posée par les pathologies des adolescents : gynécologues, dermatologues, pédopsychiatres, endocrinologues et autres spécialistes, psychologues, infirmières, assistantes sociales, diététiciens, spécialistes en éducation thérapeutique ciblée sur la maladie, enseignants, professeurs d’activités socio culturelles au choix du jeune et bénéfiques au traitement. Une file active de trois mille patients est suivie chaque année ce qui rend bien compte de l’importance de cette structure spécialisée, les problèmes d’adolescents n’étant plus ceux des enfants et pas encore ceux des adultes. C’est une frange de la population qui développe des problématiques éminemment spécifiques appelant des réponses adaptées.

Une consultation particulière reçoit les familles en situation transculturelle (adoption d’enfants venant de pays étrangers, jeunes migrants et leurs parents ou mineurs isolés). 

Le centre d’expertise accueille principalement des adolescents atteints de phobie scolaire ou de troubles du comportement alimentaire, associés ou non à des maladies chroniques tels que le diabète ou l’insuffisance rénale, ou à des traumatismes anciens tels que les maltraitances ou des violences sexuelles intra ou extra familiales. L’hospitalisation ciblée selon le domaine pathologique des jeunes peut durer entre trois semaines et plusieurs mois.

En parallèle, les adolescents et leurs parents sont suivis en thérapie individuelle ou familiale. Des psychothérapies multifamiliales sous forme de groupes de parole permettent aux parents et enfants de se rencontrer et voir qu’ils ne sont pas seuls mais appartiennent à une communauté qui partage ses souffrances. Ces échanges les aident à exprimer leurs difficultés, à mieux comprendre leur enfant et aborder leur avenir plus sereinement.

Après une hospitalisation traditionnelle, certains adolescents ont encore besoin de soin ou de soutien, ils reviennent alors pour des courts séjours le temps d’un week-end.

L’hôpital de jour, quant à lui, reçoit en soin les jeunes suivis médicalement pour phobie scolaire, obésité ou anorexie et permet d’organiser des ateliers thérapeutiques en petits groupes de resocialisation. 

Le fonctionnement de la MDA en période de crise sanitaire

Comme dans bon nombre d’établissement un redéploiement des personnels s’est effectué en direction des unités Covid. Les jeunes étant largement connectés, les consultations ont été organisées par téléphone ou visioconférence ainsi que les relations avec les familles. Une permanence physique a malgré tout été conservée pour recevoir les patients en situation plus grave. La plupart des ateliers ont malheureusement été suspendus. 

Le docteur Benoit insiste sur l‘importance de ces structures spécialisées prenant en compte l’adolescent dans la globalité de sa santé. Malheureusement les moyens à disposition peinent à être à la hauteur des besoins. C’est pourtant essentiel au développement harmonieux de jeunes vies en difficulté. C’est important également d’un point de vue socioéconomique, la prévention à l’adolescence permettant de diminuer grandement les coûts de santé à l’âge adulte.

Les confinements et contraintes liés à la pandémie covid ont affecté les systèmes éducatifs, les jeunes, inquiets pour leur avenir ont développé des manifestation, nécessitant parfois l’intervention de cellules de soutien. La maison de Solenn a été une ressource très importante dans ce dispositif. 

Maison des ados de Solenn. Accueil des ados seuls ou accompagnés, de 11 à 18 ans, de 10h à 17h, 01 58 41 24 24, http://www.mda.aphp.fr/

Chantal Bauchetet