Deux articles offerts

Élisabeth Pradoura, nous a quittés

Élisabeth Pradoura, membre du comité de rédaction de La Page, pendant plus de 8 ans, nous a quittés le 15 juin 2020.

Femme engagée, ne craignant pas de défendre les projets qui lui tiennent à coeur, elle participe pour la première fois à notre comité de rédaction fin 2005. Trois mois plus tard elle signe deux articles dans le numéro 70 de La Page. Nous la retrouvons régulièrement pour « effeuiller les mots » (La Page, n°92) jusqu’à fin 2011. Bravant la maladie, elle revient à l’automne 2013 ; elle témoigne dans le n°100 de son expérience sur l’utilisation de la démocratie participative, qu’elle qualifie de chaotique, pour soutenir le projet de mutation du site de l’hôpital Broussais. Sa sensibilité humaine comme artistique l’oriente vers une large palette de sujets. Avec elle on découvre la femme de théâtre Marie-Do Fréval (La Page, n°77), Dominique Neyrod l’artiste passionnée du trait qui allie peinture et gravure ( La Page, n°81), l’Institut d’éducation sensorielle (Ides) à l’occasion d’une expérience scientifique avec des enfants malvoyants (La Page, n°80), le devenir de la Chaufferie de l’ancien hôpital selon un voeu du CRB (Collectif redessinons Broussais) dont Élisabeth faisait partie (La Page, n°83), le récit d’un débat sur le regard porté vers les autistes (La Page, n°85)…
La liste est longue, étoffée de thèmes souvent brûlants mais traités sans concession.
Nous gardons d’Élisabeth le souvenir d’une personnalité courageuse, sans langue de bois, une « battante » pour défendre les causes des habitants du 14è, mais aussi pour lutter contre la maladie.Merci Élisabeth.

Pour illustrer les talents d’Élisabeth :

  • Élisabeth sculptrice présente quelques œuvres le 6 octobre 2003 ;
  • ses livres : L’Oursein 2006 ; Pourquoi le cauchemar, 2009.

La lutte des Yanomami

Une exposition du 14e à voir sur votre ordinateur

Claudia Andujar nous offre à voir une remarquable exposition photos à la Fondation Cartier. Elle est exceptionnelle à deux titres: celui de l’approche anthropologique qu’elle apporte sur la culture des Yanomami et celui de la qualité technique et artistique de son art.

Le peuple yanomami est promis à une disparition certaine si les « grands » de ce monde n’y prennent garde et ne font pas tout pour maintenir cette culture ancestrale si éloignée de notre monde consumériste.

Le peuple yanomami, une tribu Amérindienne, est encore composé de 36.000 personnes et vit dans la forêt amazonienne brésilienne, à la limite du Venezuela. Son nom veut dire littéralement « les êtres humains ». C’est un des derniers groupes humains chasseurs, cueilleurs. La forêt est leur domaine, ils en vivent et en sont totalement dépendants. Or le gouvernement brésilien sans scrupules veut annexer leur territoire riche en métaux précieux pour en faire un site d’orpaillage.

Quelques farouches résistants, dont Claudia Andujar, photographe, et Davi Kopenawa, chef de tribu, défendent bec et ongles la pérennité du peuple Yanomami dans une lutte médiatique pour alerter le monde sur sa possible disparition sacrifiée sur l’autel de la cupidité.

L’art pratiqué par Claudia Andujar est tout aussi exceptionnel, elle parvient à faire passer les plus grandes émotions, loin de l’idée de voyeurisme exotique grâce à sa technique et sa vision profondément humaniste des Yanomami.

L’exposition, prévue jusqu’au 10 mai 2020, est visible en mode virtuel (fondationcartier.com) en restant bien chez soi comme il nous est demandé !

Chantal Bauchetet


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