Philippe Gibert, après une formation au métier d’apiculteur, crée en 2013, l’association l’abeille francilienne. Il se met en contact avec le village de Champagne-sur-Seine près de Fontainebleau qui met à sa disposition un terrain de 2500 m² pour y installer un rucher. Il fait partie d’un collectif de cinq apiculteurs réunis sous l’appellation de Paris l’abeille.

En plus de l’exploitation des ruches le but du collectif est de faire connaître l’agriculture et l’environnement urbain par le biais de l’apiculture. Paris l’abeille noue ainsi des partenariats dans la capitale avec des organismes qui sont intéressés par cette approche. Le collectif installe des ruchers aux Grands Voisins, à l’hôpital Sainte-Anne, à l’école La Bruyère-Sainte-Isabelleet en dehors de l’arrondissement, à la Recyclerie, Porte de Clignancourt, Porte de Pantin avec la Ratp, rue des Haies dans le 20esur le toit d’un gymnase ou bien encore, vers Ménilmontant, à l’Armée du Salut. Pour le 14e, ils ont plusieurs ruchers en prévision : au Centre d’animation Vercingétorix, sur la dalle Renoir-Lichtenberger et à l’Ehpad de Notre-Dame-de-Bon-Secours. Récemment, Paris l’abeille a répondu à un appel d’offre lancé par la Ville de Paris sur l’ensemble des emplacements de ruchers dans le 14e : square du Serment de Koufra, parc Montsouris, square Wyszinsky. Une condition : les abeilles devront être une espèce indigène, dite abeille noire, population en déclin et très résistante au froid.

Une ruche compte environ 60000 abeilles et coûte environ 600 euros sans compter l’équipement et le matériel. Il en faut quatre ou cinq pour constituer un rucher. Le budget de l’association est selon les années de 5 à 6000 euros. Il est équilibré par les subventions de la Ville de Paris et de la Région ainsi qu’à la marge, par la vente du miel récolté. Le métier d’apiculteur demandant de sérieuses compétences, tout le cycle d’exploitation du miel doit être confié à des professionnels. Le collectif fait donc le suivi et, selon les conventions signées avec les partenaires, partage une partie ou garde l’intégralité de la récolte. La période apicole va de mi-mars à fin août.

Les abeilles butinent dans un rayon de 3 km, d’où l’importance de l’emplacement des ruches qui doit tenir compte des ressources disponibles, plus rares en milieu urbain. La ville ne remplacera jamais la campagne en termes de volume de production. Une bonne année à la campagne c’est 10 à 20 kgs par ruche, à la ville c’est de l’ordre de 3 ou 4 kgs par ruche, pour les bonnes années.

 

Les abeilles en danger

35% de la production mondiale des fruits, légumes et oléagineux, résultent d’une pollinisation par des tiers, insectes (en grande majorité des abeilles) et animaux. Depuis plusieurs années, le recours croissant aux pesticides dans l’agriculture provoque une diminution inquiétante du nombre des abeilles. Par contre, en milieu urbain, la disparition des pesticides limite une partie des pertes. Mais d’autres causes interviennent comme le varois (acarien venu d’Asie), certains champignons, les ondes électromagnétiques qui provoquent la désorientation des abeilles, des maladies ainsi que le frelon asiatique présent à Paris depuis trois ans. Le collectif organise, avec ses partenaires, des formations et anime des ateliers pour faire connaître le monde merveilleux des abeilles. Leur contenu met l’accent sur les conséquences de la perte des abeilles, leur importance pour le maintien de la biodiversité et le rôle de la pollinisation dans l’alimentation. Il guide aussi les consommateurs dans leur choix.

En fonction de leur origine, on distingue deux types de miel : le miel de nectar (l’abeille butine directement la fleur) et celui de miellat de sapin, chêne ou tilleul (l’abeille recueille les excréments des pucerons et les régurgite). Puis, dans ces deux catégories, le miel crémeux ou le miel liquide. Plus le miel est riche en fructose, plus il sera sucré et restera liquide longtemps. Tous les miels cristallisent mais à des vitesses différentes : le colza et la lavande rapidement, l’acacia très lentement. Les miels monofloraux sont constitués d’une seule variété à 80%. Le miel de Paris est un miel toutes fleurs.

Arnaud Boland Le site du collectif Paris l’abeille: http://www.parislabeille.fr/