Hébergement expérimental à Montparnasse.

Le musée Jean-Moulin – mémorial de la Libération a quitté le jardin Atlantique, au dessus de la gare Montparnasse pour s’installer place Denfert-Rochereau. Dans le cadre du projet urbain Maine-Montparnasse, le devenir de cet emplacement était une priorité pour la Ville de Paris. Celle-ci a très vite sélectionné une équipe de jeunes urbanistes, qui ont présenté leurs idées au groupe de travail ad hoc à la mairie d’arrondissement en avril.

Une idée innovante

Déjà, l’an dernier, Carine Petit, maire d’arrondissement, exprimait son souhait de voir une auberge de jeunesse d’un nouveau style s’installer à côté du centre d’animation Montparnasse. L’idée existait aussi de proposer aux voyageurs en attente d’un train partant aux aurores un hébergement simple et peu onéreux. Finalement, il devrait y avoir au dessus de la gare un lieu d’hébergement à dimensions variables, du hamac au studio tout installé en passant par l’auberge de jeunesse classique. Les conditions de logement seraient elles aussi variables, de un jour à un an ! Utopie hôtelière ?

Oasis à tous les étages

Le projet, intitulé Oasis, prévoit de surélever le bâtiment actuel du musée avec un étage supplémentaire (au centre) et deux étages (sur les côtés), le tout en bois. Outre les divers modes d’hébergement évoqués, il y aura trois logements-passerelle, gérés par l’association solidarités nouvelles pour le logement (SNL). Le rez-de-chaussée sera en principe réservé à la restauration (café-cantine), au repos sans restauration et à des salles dites « des projets » ou « des possibles ». L’espace situé à l’arrière du bâtiment, le long des bureaux de la Caisse nationale de Prévoyance, qui ne sert actuellement que de fumoir venté aux salariés de la Sncf et de la Caisse nationale de Prévoyance, devrait devenir une vaste terrasse lieu de vie libre d’accès pour tous. Le centre d’animation Montparnasse n’est pas appelé à déménager ; sans pour autant en profiter pour s’agrandir, il va s’inscrire dans le cadre de l’Oasis. On peut espérer qu’il bénéficiera avec cette opération d’une notoriété et d’un accès plus favorables.

Le projet, dont la maîtrise d’ouvrage est confiée à SemPariSeine avec le constructeur ReiHabitat, ne sera bouclé qu’après concertation avec les habitants. En particulier, le problème des accès à ce lieu qui devrait être ouvert 24h/24 est loin d’être résolu puisque les grilles du jardin sont cadenassées la nuit, et la gare elle-même fermée à partir d’une heure du matin. Les idées, bienvenues, vont se heurter aux exigences politiques et techniques de sécurité !

Oasis provisoire

Comme les travaux ne pourront commencer avant juin 2021, pour une ouverture fin 2023, le bâtiment actuel de l’ancien musée va être utilisé, à partir de l’automne prochain, comme lieu d’hébergement provisoire pour 60 personnes environ, avec un accompagnement social, dans le cadre de la politique parisienne d’amélioration de l’accueil des personnes sans abri. Cette mission a été confiée à une équipe de l’Armée du Salut qui négocie et travaille pour préparer au mieux ce nouveau lieu d’accueil dans un bâtiment qui n’a pas été prévu pour cela. Ce sera la première oasis du jardin Atlantique. Nous en reparlerons dans quelques mois.

Françoise Salmon