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Un réseau local solidaire de commerçants, de sans domicile et d’habitants

Parmi les nombreuses associations installées sur le site des Grands voisins, au fond de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul (bâtiment Lepage) dans un lieu baptisé le Beffroi du Carillon*, La Cloche commence à faire du bruit avec son projet de Carillon bienveillant.

 

Créée dans le 11e arrondissement en 2014, l’association a lancé le Carillon fin 2015 et se développe depuis dans une bonne partie des arrondissements parisiens, à Nantes, à Lille et à Melun, et bientôt à Lyon et Marseille. Le 14e carillonne depuis novembre 2016 sous la houlette de Bénédicte Solera Horna, qui a suspendu ses études de sciences politiques pour s’engager pendant un an à plein temps pour ce projet.

Mettre en relation trois sortes d’acteurs

L’objectif du Carillon est « d’améliorer les conditions de vie des personnes à la rue et de recréer du lien social avec leurs concitoyens, à travers un réseau de commerçants et d’habitants engagés ». En invitant à multiplier les échanges de services simples mais qui changent la vie de chacun, le Carillon cherche à modifier le regard des uns sur les autres et sur soi-même. L’adhésion annuelle pour les particuliers, c’est un euro minimum ! Les commerçants s’engagent d’abord en proposant un ou plusieurs micro-services accessibles immédiatement : donner un verre d’eau, une baguette de pain, un livre ou un journal, des échantillons cosmétiques, recharger un téléphone, ou garder des affaires pendant une journée ou une nuit, etc. Ils peuvent aussi offrir aux sans domicile des services payés par des bons (un repas, une coupe de cheveux, etc.). Et bien sûr ils proposent à leurs clients d’offrir ces bons, de faire des dons sur place ou en ligne, de répondre à des « défis ». Sur la vitrine du commerçant partenaire, on peut voir affichés le label bleu du carillon et les pictogrammes des services offerts. Dans le 11e arrondissement, ce sont 80 commerçants partenaires, dans le 14e on arrive à une cinquantaine engagés en six mois !

Les habitants répondent d’abord aux défis proposés par les commerçants : un café ou un repas acheté donne un bon pour un café ou un repas dans les commerces où la formule est mise en place. C’est par la consommation qu’ils peuvent agir. Ils viennent une fois par mois lorsque le carillon sonne (la date – facile à retenir – est celle du chiffre de l’arrondissement, donc le 14 de chaque mois dans le nôtre) pour un événement solidaire qui rassemble tous les partenaires. La première de ces rencontres dans le 14e a eu lieu au bistrot Le Métro, à l’angle des rues Pernety et Raymond Losserand. Le 14 juin dernier, il y a eu le vernissage d’une exposition itinérante, avec apéro solidaire, à la Table des matières, rue de l’Abbé-Carton ; les photographes qui exposent sont « sans abri, mais pas sans talents ».

Les sans domicile utilisent les services offerts et les bons chez les commerçants, ils transmettent ces bons à d’autres grâce à leur propre connaissance de la rue, participent à la « soupe impopulaire » fabriquée à partir des invendus donnés par les commerçants et peuvent aussi devenir « ambassadeurs » du Carillon s’ils acceptent de témoigner de leur expérience personnelle. Dans le 14e, ils collaborent aussi à la fabrication puis à la vente de biscuits bios et solidaires, à l’occasion des événements mensuels ou exceptionnels.

Ce réseau entend rester très local, afin que les divers acteurs se connaissent. Les bénévoles sont également très présents sur les réseaux sociaux. Ils appellent encore à les rejoindre (http://www.lecarillon.org)

La « liste »

A l’échelon central, entre autres tâches pour les campanistes* de l’association, il s’agit de publier, pour chaque arrondissement, un petit livret qui donne la liste des commerçants solidaires. Dans le 14e, ce livret, en date de février 2017, est à actualiser, car de nouveaux adhérents arrivent chaque semaine. Parmi les 26 commerces indiqués sur cette liste, on retrouve des lieux connus des lecteurs de La Page, comme le café Naguère, la librairie d’Odessa, le Moulin à Café, la boulangerie Petit mitron (rue Mouton-Duvernet) ou les Frangines (bistrot du 46 rue R. Losserand), mais aussi le magasin de chaussures Babette, rue de la Gaîté, la pharmacie Rive gauche (105 rue d’Alésia), deux opticiens de l’arrondissement, un cinéma et bien d’autres bistrots et boutiques, dont une offre quinze services différents ! Le mieux est de l’avoir dans sa poche, mais aussi d’ouvrir les yeux quand on passe devant une vitrine, afin de repérer les clochettes affichées en bleu (voir l’illustration). Et pourquoi pas, d’entrer et de proposer au commerçant de rejoindre le réseau.

Le 14 juillet, que se passera-t-il ?

Françoise Salmon

* Le beffroi du Carillon, siège actuel de l’association, offre un service d’écoute autour d’une boisson chaude, ainsi que de nombreux renseignements sur les actions de l’association, de 9h30 à 13h, du mardi au vendredi. Les campanistes sont ceux qui fabriquent, installent et entretiennent les cloches et carillons ; en l’occurrence, ce sont les permanents de l’association.

Paris14@lecarillon.org     www.lecarillon.org